Mon soleil,

Je sors de chez moi, il fait froid, je croise un voisin.
Je débarque chez le coiffeur, il fait toujours froid dehors, mais le soleil commence à réchauffer mon corps.

Vaille que vaille j'essaie de tenir le coup face à cette journée inconnue.
Sur le siège du coiffeur, je joue machinalement avec mon portable.
Minutes perverses. Secondes lâches. Heures blanches d'une journée perdue.
Automate disposé à la concentration malhabile.
Plus de feuilles blanches à raturer, quelques mots de travers sur cet écran, plus de regard sur le papier.
Mes mots se dématérialisent en signaux électriques...
Il n'y a plus de mots noircis...
Mes yeux ne quittent pas l'heure des yeux.
L'âme enchaînée et l'esprit bouleversé du devoir de patience...
J'attends le moment du départ...
Travailler, travailler pour ne pas trop penser...
Pour m'aider à supporter l'incroyable langueur qui m'étreint.
Patience, patience mon ange...
Tous les signes le disent, le hurlent à ma conscience...
Mes jours sont si étranges...
Mon corps me tient tête à présent...

Je file à présent, il faut que j'oublie...

Un instant seulement...

...A...