et... Tomber sur ce monde...
C'est l'instant de mes nuits désarmées de sommeil.
Ce moment où tout vit dans le flou noir des espaces où rien ne se passe.
C'est l'instant des mots que je ne prononce pas, et ces mots se révoltent.
Elle sait bien pourtant, mais je ne lui dis pas.
Je n'ai rien dit d'autre qu'un idiot "je te veux".
Puis tout est sorti en vrac. Les joues tièdes de cette eau tendrement salée qu'on nomme des larmes.
Des sentiments libérés, exprimés.
Rien à retenir. Rien pour rassurer... Mais maintenant, elle pleure.
J'ai juste peur. Je ne sais pas l'apaiser, la calmer.
Je ne sais même pas si elle le veut.
Incapacité, fureur.
La vue trouble, le souffle en cascade et le cœur déchiré.
Reprendre bonne figure. Ne surtout pas penser, ne pas prier.
Je n'ai plus de prise sur mon monde.
Incapable face à mon propre chagrin.
Trop perdu l'habitude.
J'ai peur...
Elle...
Fière, forte, mais écorchée vive, elle qui ne dit rien, elle qu'il faut deviner par approches légères.
Alors, avancer à pas feutrés pour la découvrir et... Tomber sur ce monde...
Les barrières s'effondrent.
J'ai peur... de la perdre, de l'oublier.
En être autant choqué que d'inventer le jour.
Et se sentir petit, honteux, minable de ne pas avoir vu...
Tout ce qu'elle possédait...
d'amour de secrets et de vie...
Les larmes sur mes joues brûlent un grand sillon.
Me briser, à mon tour, mille morceaux dans le vent, éparpillés, perdus...
Le jeu maintenant se termine, compter les tours gagnants, déclarer le "vainqueur", désigner le "perdant".
Corps abandonnés, affligés, de mille et une douleurs.
Et j'ai peur...
Mon mur s'écroule, tout dévoré de l'intérieur, les défenses noyées du flot de mes pensées.
Alors je te demande pardon d'avoir fermé les yeux.
Et si parfois dans le flou d'une larme, ma raison se brouille,
Ce ne sera que le temps de trouver ma maison.
Mais j'ai peur...
